samedi 11 février 2017

Ben le chameau

Texte s'adressant à un public jeunesse
Genre : Conte pour enfants
692 mots



C’est le premier jour d’école de Ben ce matin. Pour qu’il soit beau, Maman chameau lui brosse les poils partout : sur les bosses, la tête, les pattes, le ventre, dans les oreilles… Il proteste :

- Ça va, Maman, je suis prêt maintenant! Je veux aller à l’école!

Maman chameau sourit et lui conseille :

- N’oublie pas, Ben, tu dois être gentil et partager avec les autres. C’est ainsi qu’on se fait des amis!

Ben est si excité d’aller à l’école qu’il sautille en chemin. Il a tellement hâte de découvrir ses nouveaux camarades et son professeur! Soudain, il entend quelqu’un s’écrier :

- Hé! Regardez ce drôle d’oiseau!

Un oiseau? Où donc?

Ben a beau regarder partout, il ne voit aucun oiseau, ni dans le ciel, ni sur une branche, ni sur une maison.

Par contre, il aperçoit un cheval qui le pointe du doigt en riant. À ses côtés se tiennent un écureuil, un castor et une biche, qui regardent Ben d’un air curieux.

Ben comprend tout à coup que le cheval se moque… de lui! Sans lui laisser le temps de dire un mot, le cheval s’exclame :

- Les amis, voyez comme il est étrange, celui-là! Il a d’affreuses bosses sur le dos!

Oh! Quel méchant cheval! Ben a toujours été si fier de ses belles bosses! Il ouvre la bouche pour se défendre, mais le cheval ajoute  :

- Pouah! Regardez-moi ces dents toutes croches! Et cette langue molle! Va-t-en, vilain, tu es trop laid, nous ne voulons pas de toi comme ami!

Le cheval s’avance vers Ben, qui prend peur, trébuche et échappe sa boîte à lunch. Tout le contenu se répand sur le sol!

Ben se fâche et se plante devant le cheval :

- Tu sauras, vilain, que je ne suis pas un oiseau! Je m’appelle Ben et moi, j’adore mes bosses, mes dents et ma langue. Alors, s’il te plaît, laisse-moi tranquille!

Le cheval rigole.

- Les amis, avez-vous entendu ce chameau? Comme il parle drôlement!

La biche, l’écureuil et le castor, qui n’avaient rien dit jusqu’ici, s’avancent près de Ben. La biche explique gentiment au cheval :

- Cette façon différente de prononcer les mots s’appelle un accent, Cheval. Et moi, je trouve que Ben a un très joli accent!
- C’est vrai, approuve l’écureuil. Tu n’es pas d’ici, n’est-ce pas Ben?
- Non, j’habitais au Maroc avant, répond fièrement Ben. Je suis né là-bas.
- Wow! s’exclame le castor. Le Maroc, c’est vraiment très loin!

Le cheval est surpris de voir ses amis discuter avec Ben. L’écureuil et le castor aident le chameau à se relever. La biche, quant à elle, ramasse la nourriture éparpillée sur le sol.

- Qu’est-ce que c’est? demande l’écureuil en pointant un sac rempli de fruits bruns.
- Il s’agit de dattes, répond Ben. Les dattes sont des fruits qui poussent au Maroc. Elles sont très sucrées. Voulez-vous y goûter?

Les trois amis acceptent.

- Comme c’est bon! s’exclament-ils en se léchant les babines.

Le cheval, demeuré à l’écart, aimerait bien goûter aux dattes lui aussi. Seulement, voilà, il sait qu’il n’a pas bien agi et il est certain que Ben ne voudra jamais lui en donner. Il regrette sa méchanceté et il se sent malheureux.

Soudain, Ben s’avance vers le cheval et lui tend sa main, dans laquelle se trouvent trois dattes.

- En veux-tu? Je te les offre!

Le cheval ouvre de grands yeux tellement il est surpris par la générosité du chameau.

- Tu… tu veux bien m’en donner? Même si je n’ai pas été correct avec toi?
- Bien sûr, répond Ben en souriant. Dans la vie, il faut partager!

Ravi, le cheval prend les dattes et les montre aux autres :

- Regardez, les copains, ce qu’il m’a donné! Je retire tout ce que j’ai dit. Ben est gentil, je veux être son ami!

Ce soir-là, étendu dans son lit, Ben repense à cette première journée d’école. Quel bonheur, il s’est fait un tas de nouveaux amis! En fermant les yeux, il se dit que sa mère avait bien raison : partager, c’est bien mieux que de se disputer!


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Notes de l'auteure

J'ai écrit cette petite histoire en 2010, suite à un défi lancé par un ami (nous étions quelques-uns à nous lancer des défis en privé à cette époque). Il fallait écrire une histoire pour enfants très jeunes (4-5 ans) avec un chameau (OK, j'avoue, il fallait que ce soit "des chameaux à Chibougamau"! Disons que ce petit texte a un peu évolué depuis...).

Je précise que ça a été écrit il y a longtemps, et qu'il n'y avait aucune notion socio-politique là-dedans. C'était juste une histoire pour enfants qui parlait de la différence (un thème que j'affectionne).

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